Site de l’église de la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste de l’Isle-Verte

 

 

Un site en constante transformation

« Les habitants de lisle-verte demande [sic] à votre grandeur la permission de battir une chapelle et un presbitaire[...] ». Cette requête, envoyée par le curé Trutaut à l’évêque en 1772, demandait la permission de construire une seconde chapelle à L’Isle-Verte. Les habitants de cette paroisse durent faire plusieurs requêtes de cette nature au cours des derniers siècles. En effet, quatre églises, quatre presbytères et plusieurs autres bâtiments furent édifiés au fil du temps autour et sur le site actuel de l’église de la Décollation-de-Saint-Jean-Baptiste.

Lieux de culte et presbytères

Bien que la seigneurie de l'île-Verte fut concédée dès 1653, c’est plutôt en 1711, avec l’arrivée et l’installation du seigneur Jean-Baptiste Côté, que cette section du territoire débute réellement son peuplement. À cette époque, des missionnaires parcourent le territoire pour propager l’Évangile, fournir des services cultuels aux quelques fidèles dispersés dans la colonie et instruire les populations autochtones. La première mission de L’Isle-Verte est créée en 1713 et est sous la charge du curé Étienne Auclair de Kamouraska jusqu’en 1729. Une  première chapelle est donc construite, vraisemblablement entre 1723 et 1738, mais elle est remplacée en 1772 par une seconde érigée au même emplacement que la première. Cette chapelle est un édifice de bois comptant 15 bancs pouvant accueillir les quelques 59 habitants de L’Isle-Verte et de Cacouna. La construction d’un presbytère accompagne l’édification de cette nouvelle chapelle.

En 1778, le seigneur Jean-Baptiste Côté, petit-fils du premier seigneur, fait don d’un terrain à la Fabrique de Saint-Jean-Baptiste, ce qui consacre le site comme pôle religieux de la localité. En 1783, le père Jean-Adrien Leclair devient le premier prêtre résidant de la mission de L’Isle-Verte, mettant ainsi fin à la présence de missionnaires de passage. Le père Leclair, avec l’accord des villageois, fait part à l’évêque dès 1786 de son intention de faire construire une nouvelle église. Cependant, ce projet ne se concrétisera qu’en 1798 avec la construction d’une église de 79 pieds de longueur et de 28 pieds de largeur. Ce bâtiment de bois et de crépi compte 68 bancs. En 1800, alors que la construction de l’église n’est toujours pas achevée, la population adresse une nouvelle requête afin d’obtenir une permission pour construire un presbytère qui remplacerait le presbytère de l’époque, jugé petit et vétuste. La construction de cette nouvelle maison curiale débute en 1803.

La construction de l’église actuellement en place résulte de la croissance démographique caractérisant le Bas-Saint-Laurent à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe siècle. Cette augmentation de la population découle, entre autres, de l’amélioration des voies de communication terrestres. Par conséquent, les paroissiens désirent rapidement se doter d’une église en pierre de plus grande taille pouvant accueillir cette population en croissance constante. Ils obtiennent l’autorisation de l’évêque de Québec en 1833 et la construction débute en 1846 à la suite de nombreuses délibérations sur l’emplacement propice à l’édification de ce nouveau lieu de culte. L’église, dont les plans sont confiés successivement à Charles Baillargé et à François-Xavier Berlinguet, est inaugurée en 1855. Au fil du temps, des modifications au clocher furent apportées et une sacristie édifiée.

Le presbytère datant de 1803 fut également remplacé en 1857, compte tenu de sa vétusté. Finalement, sous les conseils du chanoine Verreault, une nouvelle maison curiale fut érigée en 1923 et ce presbytère est toujours en fonction aujourd’hui.

 

Au milieu du XIXe siècle, les améliorations de l’enclos paroissial ne se limitent pas à l’église et au presbytère. En effet, en 1858, un agrandissement du cimetière, qui était attenant à la première église, est effectué. Cependant, à la fin du XIXe siècle, l’espace manque pour les inhumations et le cimetière est jugé insalubre en raison de sa proximité avec les étables du curé. Ainsi, à partir de 1894, les corps sont exhumés du cimetière aux frais de la Fabrique et transportés dans un nouvel espace.

           

 Écoles et couvent

Sur le terrain de la Fabrique, trois écoles sont construites au fil du temps. Une première école, érigée en 1848, accueille à la fois les filles et les garçons. La seconde école, datant de 1865, est pour sa part destinée exclusivement à l’éducation des garçons. Cependant, en raison des risques accrus d’incendie qu’elle représente pour l’église, cette deuxième école sera détruite en 1890. Les matériaux découlant de la destruction de l’école pour garçons serviront par la suite à la construction d’une annexe à la première école. Une nouvelle école, confiée aux sœurs du Saint-Rosaire, voit le jour au cours des années 1920. Le couvent des sœurs du Saint-Rosaire se retrouve pour sa part sur l’emplacement de l’ancienne école modèle pour garçons.

 

Flèche

 

 

 

Ruralys©2002-2011. Tous droits réservés.

Conception Jacques Laberge Communication et Ruralys